Cet article se propose d’explorer la relation problématique qui s’établit entre l’humain et le posthumain à travers La Possibilité d’une île de Michel Houellebecq. La genèse des néo-humains indique en effet qu’à l’origine, les clones sont indissociables d’un projet humain dont ils doivent assurer la réalisation. Il en résulte que, même disparue, l’humanité continue à occuper une place centrale dans la vie des posthumains, à tel point qu’elle les empêche de développer une existence propre. En ce sens, le geste de rupture que réalise Daniel25 peut se lire comme l’affirmation pleine d’une subjectivité posthumaine, délivrée de son rapport d’inféodation à l’homme. Plus fondamentalement, cette indépendance prise par le clone à l’égard de son créateur humain fonctionne également comme un appel à interpréter le roman posthumain suivant des paradigmes rénovés, aptes à prendre la mesure du défi que ce roman pose à la définition occidentale usuelle de l’homme.
Dehoux, A. (2016). De l’humain, du posthumain et de leur dialectique. Quelques remarques à partir de “La Possibilité d’une île” de Houellebecq. Neohelicon : acta comparationis litterarum universarum, 43(2), 641-654. https://doi.org/10.1007/s11059-016-0344-y (Original work published 2016)