L’étude des formes actuelles de la gouvernance permet de mettre en lumière les « formes d’expérimentation sociale » fondées sur l’enrôlement du collectif. Cela signifie qu’aujourd’hui la définition de l’effectivité d’un système de règles passe moins par la possibilité de réaliser une subsomption justifiant la validité interne d’une procédure que par « le pouvoir d’inférence à l’égard de la production d’une forme de vie sociale satisfaisante ». C’est pourquoi « la question de la normativité du droit se déplace de la cohérence formelle de son contenu sémantique vers son potentiel pragmatique de gouvernance comme institution sociale ». Il devient par là urgent d’inventer de nouvelles formes de coopération sociale à même de contrer « l’opportunisme » des acteurs sociaux capables de saisir les opportunités déterminées par la crise des formes institutionnelles classiques.
Maesschalck, M. (2008). Normes de gouvernance et enrôlement des acteurs sociaux. Multitudes : revue politique, artistique et philosophique, 34(3), 182-194. https://doi.org/10.3917/mult.034.0182 (Original work published 2008)