Que celui qui ne travaille pas ne mange pas non plus ! Étrange destin que celui de cette formule : née sous la plume de Saint Paul au premier siècle, elle se retrouve dans la constitution de l’URSS en 1936 et sert aujourd’hui encore à justifier toute une politique de diminution des aides sociales. Comment expliquer sa postérité, des moines bénédictins à Luther, en passant par les Révolutionnaires de 1789 et les tenants de la société bourgeoise du XIXe siècle ? Ce livre, qui avance dans l’histoire des lectures de cette phrase comme une enquête policière, finit par poser une question très actuelle : sous couvert de moralité et d’équité, n’est-elle pas une manière de contrôler des pauvres que la société ne veut plus voir ?