Le succès d'une métaphore, celle du rebond, et de l'un de ses supports, les ouvrages de psychologie vulgarisée mérite sans conteste une analyse sociologique. Encore faut-il savoir quelle voie se révélera la plus prometteuse pour tirer des enseignements sur les raisons et les effets de ce succès. Après une description sommaire du contenu du discours sur la résilience tel qu'il apparaît dans les ouvrages de B. Cyrulnik, on tentera de voir, par rapport à une analyse critique classique de l'objet, quelle pourrait être la plus-value programmatique d'une recherche menée dans l'optique de la socio-anthropologie du jeu. Celle-ci, parce qu'elle propose de prendre en compte des dimensions de l'expérience de l'individu parfois délaissées par d'autres approches, invite à l'adoption d'une posture qui pourra nous informer sur les hypothétiques raisons de ce succès, et en retour, sur la manière de faire une socio-anthropologie pertinemment critique de l'objet ici étudié.
Marquis, N. (2009). Se remettre en jeu quand rien ne va plus. Une réflexionsociologique sur la catégorie de la résilience. Recherches sociologiques et anthropologiques, 40(1), 93-110 (NaN). https://hdl.handle.net/2078.5/202974 (Original work published 2009)