Jour après jour, la place de l’intelligence artificielle (IA) se fait plus importante dans nos vies. Objet d’une compétition systémique entre les deux superpuissances du début du siècle, la Chine et les États-Unis, l’IA est aussi devenue très récemment une préoccupation pour l’Union européenne. La Commission estime en effet que la technologie pourrait représenter près de 10% du PIB de l’Union d’ici 2030. Pourtant, le constat des chercheurs est lapidaire : en matière technologique, l’Europe aurait perdu toutes les batailles et se montrerait largement plus réactive qu’active. Cependant, la Commission se refuse au fatalisme et publie, le 19 février 2020, trois documents essentiels : son Livre blanc sur l’intelligence artificielle, une Stratégie européenne pour les données et un plan d’action plus large, Façonner l’avenir numérique de l’Europe. Se voulant géopolitique, la Commission européenne annonce également souhaiter faire de l’Europe une puissance numérique. Mais quelle place l’Union occupe-t-elle dans la course mondiale au développement de cette technologie de rupture ? Quels sont ses atouts et ses faiblesses ? Quelle stratégie développe-t-elle et, surtout, quel créneau lui reste-t-il, dans un domaine d’une concurrence impitoyable, où Pékin et Washington cumulent ensemble près de 90% des investissements en IA7 ? En somme, une IA européenne est-elle possible ?