Le roi d’Égypte à travers ses représentations figurées dans les temples du Nouvel Empire : aux sources d’une définition contractuelle de la royauté pharaonique
Lurson, Benoît
(2016) Antiquité, art et politique — ISBN: [978-2-343-09346-8], p. 67-93, published
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Lurson, BenoîtUCLouvain
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(fr) Dans cette contribution, on revient tout d’abord sur la notion de « roi-prêtre », sur l’idée que ce qui définirait le roi d’Égypte serait sa fonction sacerdotale. Un historique de la notion est dressé, puis le fait que les sources textuelles ne prennent jamais les activités liturgiques du roi comme sujet est souligné, ainsi que l’approche égyptologique différenciée des scènes décorant les temples, selon que le roi est représenté à la guerre ou qu'il fait des offrandes aux divinités. Les sources textuelles sont alors convoquées, qui montrent sans ambiguïté que ses fonctions sacerdotales ne font pas le roi d’Égypte. Pour comprendre les raisons qui ont pu pousser les imagiers à représenter malgré tout le roi en train de faire des offrandes sur les murs des temples, la contribution s’intéresse à la nature de cette iconographie. On montre que ces scènes forment un monde de signes, dont les éléments, par le jeu de leurs relations, créent un discours sur le roi. L’analyse croisée des sources textuelles et de l’iconographie permet alors de mettre en évidence trois thèmes autour desquels le discours sur le roi se structure tant dans les inscriptions que dans l’iconographie : sa conception, son couronnement et son action. La décoration de la salle N du Grand Temple d’Abou Simbel est prise comme exemple pour les illustrer. Surtout, ces trois thèmes et les relations qu’ils observent permettent d'y voir trois « actes » qui définissent le roi d’Égypte, à travers une relation aux dieux qui n’est pas celle d’un prêtre. Ainsi, loin d’une relation liturgique de type do ut des, cette relation peut être considérée comme une relation contractuelle de type do ut facias : les dieux donnent son trône au roi, lequel, en échange, agit pour améliorer leur état. Ce serait ainsi la personnalité des contractants et l’objet du contrat qui définiraient l’essence de la royauté égyptienne.
Lurson, B. (2016). Le roi d’Égypte à travers ses représentations figurées dans les temples du Nouvel Empire : aux sources d’une définition contractuelle de la royauté pharaonique. In Bouineau J. (ed.), Antiquité, art et politique (p. p. 67-93). L’Harmattan. https://hdl.handle.net/2078.5/219839