(fr) La présente recherche se veut une contribution au débat sur les questions fondamentales en éthique théologique, en particulier celles de son identité et de son fondement. En partant du renouveau initié par le concile Vatican II (1962-1965), ce travail s’intéresse à la diversité des postures qui caractérise l’éthique théologique postconciliaire pour établir une typologie qui permette de cerner l’identité chrétienne dans ce domaine. En effet, dans leur lien au Christ, les chrétiens partagent la même identité fondamentale qui assume le noyau de la foi et l’interprète à l’aune de contextes et époques différents. Par ailleurs, dans une société multiconvictionnelle, l’éthique théologique, comme manière de vivre et d’habiter le monde, est appelée à cohabiter avec d’autres perspectives. La question de l’identité chrétienne se pose dans ce cadre sous la forme d’une double pulsation consistant à garder des traits fondamentaux distinctifs tout en assimilant des éléments extérieurs et à se communiquer sans jamais s’épuiser. Pour articuler ces deux pôles, l’éthique théologique se doit, d’une part, d’assumer, au niveau interne, les différents styles de vie chrétienne ou les expériences de foi dans lesquelles l’Évangile est accueilli et célébré comme une parole qui sauve. D’autre part, elle doit se montrer capable d’intégrer les projets autonomes de l’intelligence humaine dans la perspective de la révélation biblique en lien avec la pensée contemporaine. Prenant au sérieux ce double mouvement (d’enracinement et d’ouverture, de systole et diastole), cette recherche postule la nécessité d’une reconfiguration permanente de l’éthique théologique. Cette dernière est ici pensée comme un domaine qui, tout en se référant à des sources qui lui sont spécifiques, s’ouvre au dialogue avec d’autres pensées pour contribuer à l’élaboration de repères concernant les problématiques existentielles et éthiques propres à chaque génération. Dans cette perspective, l’éthique théologique a pour tâche d’aider à repenser la condition chrétienne dans une société en mutation permanente. Finalement, la reconfiguration, comme appel à se renouveler en permanence, consiste pour l’éthique théologique à se réinscrire, dans une démarche de conversion, dans la personne du Christ, à se mettre à l’écoute du monde avec humilité et à « scruter les signes de temps », ainsi qu’à chercher diverses manières d’annoncer et d’actualiser le message évangélique.
Kamb Kanz, A. (2022). L’identité chrétienne en éthique théologique depuis Vatican II (1962-1965): proposition d’une typologie et ouvertures critiques. https://hdl.handle.net/2078.5/165490