La mort en différé. Déplacement forcé et violence de masse en Colombie

de Nanteuil, Matthieu;Mora Cortes, Andres Felipe
(2018) Implications philosophiques — Vol. 1, n° 1, p. 10-25 (2018)

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L’examen des types de violence qui ont marqué la dernière décennie en Colombie fait apparaître à la fois une diminution du nombre d’homicides et un accroissement des populations déplacées sur l’ensemble du territoire. Comment comprendre ce qui ressemble à un paradoxe ? Au-delà de la propagande politique, qui entend faire valoir la « normalisation de la situation colombienne », cet article interroge la signification sociologique de cette évolution. Après avoir reconstruit un concept critique de violence, il examine les stratégies économiques et les formes d’invisibilité sociale qui accompagnent cette violence de masse, avant d’analyser le type de gouvernementalité et les modes de subjectivation qui y sont à l’œuvre. Il conclut sur la figure du « banni » qui, contrairement à « l’exclu », ne se situe pas à l’extérieur de la communauté politique mais est un exilé dans son propre pays. Répondre à ce défi humanitaire suppose non seulement d’accorder des droits spécifiques aux populations déplacées, mais de travailler à l’émergence de scènes alternatives de citoyenneté. Un horizon possible pour le processus de paix en cours ?
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Citations

de Nanteuil, M., & Mora Cortes, A. F. (2018). La mort en différé. Déplacement forcé et violence de masse en Colombie. Implications philosophiques, 1(1), 10-25. https://hdl.handle.net/2078.5/28514 (Original work published 2018)