L’article commence tout d’abord par présenter très brièvement les réticences d’une anthropologie de l’espace public africain devant des explications simplistes et généralisantes sur les écarts entre les normes et leur mise en œuvre (1). L’article propose ensuite une étude de cas à propos de la résolution des conflits fonciers liés à l’accaparement des terres à Bukavu. Il s’agit de plus de quatre cents conflits introduits devant le Tribunal de Grande Instance de Bukavu entre 1997 et 2014 et dont l’étude montre que leur résolution échappe à la logique juridique formelle. Il est dès lors question de tenter d’en identifier empiriquement la régulation (2). Enfin, l’article essaie, dans une perspective théorique, de comprendre les écarts entre les règles juridiques formelles de résolution des conflits fonciers et la ‘gouvernance réelle’. Une telle réflexion part du questionnement du concept de normes pratiques à partir de celui de champ social semi-autonome. Cette discussion permet à la fin d’ouvrir des pistes de réflexion sur l’intérêt d’une anthropologie des espaces publics africains pour la réforme du secteur de la justice en RDC (3).
Nyenyezi Bisoka, A., & Ansoms, A. (2016). Droit et conflits fonciers à Bukavu : vers une anthropologie de mécanismes juridictionnels de résolution des conflits. https://hdl.handle.net/2078.5/183953