Après la première guerre mondiale, la culture italienne se montra particulièrement réceptive à la littérature russe. Le nombre des traductions du russe augmenta singulièrement au cours des années vingt et trente. Cet accroissement s'accompagna également d'un saut qualitatif, puisque beaucoup de ces versions furent réalisées non plus à partir d'une traduction française, comme c'était le cas à l'époque précédente, mais bien directement du russe. Si beaucoup de villes italiennes contribuèrent à ce processus de diffusion de la littérature russe, aucune n'eut, sous ce rapport, une importance comparable à celle de Turin. C'est la présence de ce filon russe dans la culture turinoise de l'entre-deux-guerres qui constitue l'objet de cette thèse. Piero Gobetti (1901-1926) fut un des premiers Turinois à s'intéresser de très près à la littérature russe. Le chapitre qui lui est consacré étudie la place qu'occupe la Russie dans les différents aspects de son activité intellectuelle. L'analyse d'une des oeuvres principales de Gobetti, Paradosso dello spirito russo (1926), a particulièrement retenu notre attention. Après avoir brièvement passé en revue les traductions d'auteurs russes ou les textes ayant trait à la littérature russe parus dans l'Ordine nuovo (1919-1922) d'Antonio Gramsci, nous avons étudié la présence des écrivains russes dans l'édition turinoise des années vingt et trente. La plus grande partie de ce chapitre est consacrée à la maison d'édition Slavia, fondée en 1926 par Alfredo Polledro et consacrée essentiellement à la publication de textes littéraires traduits du russe. D'autres maisons d'édition sont également étudiées : les éditions Frassinelli, Formica, Einaudi, Utet, Paravia. Le chapitre suivant trace un panorama de la présence russe dans les périodiques (revues et journaux) turinois de l'époque. Enfin une dernière partie étudie l'oeuvre accomplie dans le domaine de la littérature russe par Leone Ginzburg (1909-1944), une des plus intéressantes figures de la culture turinoise de l'entre-deux-guerres.
Béghin, L. (2003). Da Gobetti a Ginzburg : diffusione e ricezione della letturatura russa nella Torino del primo dopoguerra. https://hdl.handle.net/2078.5/75074