Les rhétoriques grecque et latine recommandent abondamment de recourir à l’opérativité visuelle et sonore de la percussion pour scander la proclamation d’un discours, signaler ses articulations internes, maintenir l’attention de l’auditoire et, surtout, optimiser son efficacité performative. L’orateur peut produire cette percussion avec un idiophone ou en frappant son propre corps. Au cours des dernières décennies, l’anthropologie du geste a considérablement exploré les rhétoriques grecque et latine, et a mis au jour l’importance essentielle de la gestuelle et de la rythmicité oratoires. En revanche, l’efficacité mnémotechnique du son, et en particulier celle du son percuté, n’a fait l’objet d’aucune étude à part entière. À partir de l’étude de l’opérativité argumentative, rhétorique et cognitive d’un tel son, notre publication a pour objectif de réfléchir à la spécificité mnémotechnique du son percuté.
Virenque, N. (2021). “Percutere aninum”. La percussion, un ressort mnémotechnique dans les rhétoriques grecque et latine. Pallas : revue d’études antiques, 115, 209-224. https://hdl.handle.net/2078.5/242161 (Original work published 2021)