La préoccupation généralisée pour l’environnement naît au cours des années ’60 dans les « pays développés ». L’essor important de l’organisation internationale de la protection de l’environnement naturel en découle. Parallèlement, se met en place le Nouvel Ordre Economique International, avec la création de la CNUCED et du G77. Les pays communément appelés « pays du Sud » réclament le droit de participer à la gouvernance mondiale. Ce nouvel ordre influence également la gouvernance internationale de l’environnement. De manière croissante, ces pays en développement y participent et façonnent son évolution. En 1992, lors du Sommet de la Terre à Rio, est mis en place la Convention sur la Diversité Biologique. Les pays du Sud y soulignent leur désir de disposer de leurs propres ressources naturelles et de profiter des avantages découlant de leur utilisation. Le 3e objectif de la Convention devient donc « le partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques ». Lors de la dixième Conférence des Parties de la Convention, en octobre 2010 à Nagoya, au Japon, la communauté internationale s’accorde sur les modalités de réalisation de ce 3e objectif. Or, la majorité des ressources génétiques se trouve dans les pays les plus pauvres de la planète. Et leur utilisation commerciale se fait principalement par les pays riches. Pour que le partage soit effectivement juste et équitable il est donc nécessaire qu’il ait été précédé d’un processus de prise de décision inclusif, permettant une participation équitablement répartie entre pays riches et pays pauvres. Pour en juger, cette étude analyse le degré d’influence des 49 pays les moins avancés dans les négociations du sommet de Nagoya. Elle démontre que, malgré les importantes barrières à leur participation, ces pays arrivent néanmoins à marquer le débat et son résultat. Au travers de stratégies à l’efficacité relative, ces pays utilisent des arguments moraux, tentent de lier leurs intérêts à l’intérêt général, essayent de s’appuyer sur le savoir des ONG et collaborent avec d’autres pays pour accroitre leur influence sur les négociations. Si le résultat de leur influence ne leur garantit aucunement un partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation de leurs ressources, ils ont néanmoins réussi à inclure plusieurs de leurs revendications dans les textes finaux et à peser sur les négociations et la mise à l’agenda. Mémoire de Fin d'Etudes présenté en vue de l'obtention du grade académique de Master en Sciences et Gestion de l'Environnement. Prix Henri La Fontaine pour le meilleur mémoire en relations internationales 2010-2011 (REPI - ULB).
Affiliations
Université Libre de BruxellesInstitut de Gestion de l'Environnement et de l'Aménagement du Territoire (IGEAT)
Université Libre de BruxellesRecherche et Enseignement en Politique Internationale