La présente contribution tente de mettre en lumière l’illusion selon laquelle les termes que le droit emprunte au langage ordinaire et auxquels il ne donne pas explicitement une portée spécifique conserveraient le sens qu’ils possèdent dans le cadre de celui-ci. Si langage juridique et langage usuel sont incontestablement de proches «amis», ils semblent nous mettre également en présence, dans une certaine mesure, de «faux amis» c’est-à-dire de mots appartenant à deux langages différents et qui ont entre eux une grande similitude de forme mais dont les significations sont au moins partiellement différentes. A cette fin, se trouve développée une analyse critique de la référence au sens usuel des termes, telle qu’elle se dégage traditionnellement en Belgique de la jurisprudence, principalement en relation avec la question de la nécessité d’une interprétation, celle du respect du principe de légalité, ainsi que celle de l’autonomie conceptuelle, au moins relative, du droit pénal par rapport aux autres branches du droit.
van de Kerchove, M. (2013). Langage juridique et langage usuel: vrais ou faux amis? International Journal for the Semiotics of Law. https://doi.org/10.1007/s11196-012-9282-9