Dans le contexte des médias automatisés, interroger le rôle des interfaces est essentiel. Composées de petites formes standardisées (Souchier, 2019), les interfaces naturalisent la collecte de données et du consentement des utilisateurs. C’est le cas sur les réseaux sociaux, où elles structurent l’expérience pour alimenter les algorithmes de « l’économie de l’attention », à travers des automatismes comme le scroll infini ou le like, qui prolongent la navigation et favorisent la production de données. Cependant, les interfaces ne se limitent pas à façonner l’utilisation : ce sont aussi des espaces de manipulation et d’opération, permettant aux utilisateurs d’agir sur le contenu, les données récoltées et l’algorithme. Cette double dynamique – ce que l’interface fait à l’utilisateur et inversement – invite à un questionnement critique sur leur rôle en tant que structure affordante où le pouvoir se négocie (Davis, 2020) et en tant qu’architexte (Souchier, 2019). Cette contribution s’appuie sur une recherche en éducation critique aux interfaces des réseaux sociaux. Conçue sans focalisation explicite sur l’automatisation, l’activité pédagogique développée révèle toutefois des pistes pour intégrer ces enjeux d’interfaces dans l’éducation aux médias (automatisés).
Robbeets, C. (2025). L’interface comme espace d’opération : repenser l’éducation critique à l’ère des médias automatisés. 92e Congrès de l’Acfas, Montréal. https://hdl.handle.net/2078.5/267965