La grammaticalisation: une approche du changement en sciences du langage.

Nzoimbengene, Philippe
(2018) “Le changement” (XVIIes Journées Philosophiques Canisius 2018) — Location: Kinshasa (République démocratique du Congo) (21.March.2018)

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  • Nzoimbengene, Philippeorcid-logoUCLouvain
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À l’horizon du lingála (langue afro-bantoue), du français (langue romane) et de l’allemand (langue germanique), cette présentations résume l’approche sémantique et discursive du changement linguistique, par le biais de la grammaticalisation [cf. Meillet 1912, Lehmann 1982] et de la pragmaticalisation [cf. Dostie 2004], deux modèles théoriques qui étudient l’apparition de nouvelles formes ou constructions dans les langues. S’émancipant des perspectives structuralistes, la grammaticalisation et la pragmaticalisation s’inscrivent dans un paradigme fonctionnaliste : l’usage de la langue initie le changement linguistique. En définitive, l’usage, c’est-à-dire le besoin de la communication, s’avère maître en matière d’interaction langagière et de ses variations. En linguistique, le concept de changement ou variation est entendu comme gains, pertes, modifications de formes et de constructions. En effet, toutes les langues naturelles changent ; et elles changent sans cesse [cf. Bally 1932 : 18]. À l’heure actuelle, il n’existe aucune attestation d’une langue naturelle n’ayant pas connu d’évolution : mutabilité du signe linguistique [cf. Saussure 1916 : 116-117]. Les linguistes concluent ainsi à un trait universel des langues. Et, partant de cette conclusion, la tendance actuelle de la recherche en sciences du langage postule que le changement est une caractéristique fondamentale de la faculté même du langage, en son organisation interne et dans son fonctionnement [cf. Prévost (http://www.lattice.cnrs.fr/IMG/pdf/oxford-prevost.pdf) : ‘‘Changement linguistique et Grammaticalisation’’]. Mais, si le constat du changement est tout à fait empirique, il ne va pas de soi. En effet, le locuteur, qu’il soit spécialiste de l’analyse, usager naturel ou communicateur professionnel, perçoit mal le changement au moment où il se produit. Prenant appui sur l’hypothèse du changement en amont du « parler » (expression, communication) et du « parleur », pour embrasser également le penser (cognition, organisation mentale du monde), la présente conférence saisit et tente également d’expliquer un paradoxe tout aussi évident que le constat du changement : comment ce qui devrait constituer un désordre et induire un malaise dans l’interaction langagière, parvient-il à conserver l’ordre, voir à inventer la richesse dans l’échange langagier ?
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Citations

Nzoimbengene, P. (2018). La grammaticalisation: une approche du changement en sciences du langage. “Le changement” (XVIIes Journées Philosophiques Canisius 2018), Kinshasa (République démocratique du Congo). https://hdl.handle.net/2078.5/248585