Si Marguerite Duras se montre réticente à dévoiler les secrets de ses influences littéraires avant les années 1970, elle les proclame avec vigueur après 1980, mettant particulièrement en valeur les trente dernières années du xviie siècle, Racine et Mme de La Fayette en tête. La façon dont Duras use de la littérature du Grand Siècle allie une posture iconoclaste à un ethos discursif où l’inscription dans la tradition classique démontre un « souci de l’avenir » qui n’est pas exclusivement tourné vers le désir égocentrique de postérité : il s’agit surtout de réinvestir le rôle prophétique de l’écrivain, qui ne va plus de soi dans la société contemporaine.
Meurée, C. (2014). Des formes d’une « convenance profonde » : le xviie siècle dans l’imaginaire durassien. Les Lettres Romanes, 68(3-4), 491-509. https://doi.org/10.1484/J.LLR.5.103658 (Original work published 2014)