Originaires du Canada et envoyées aux Philippines en 1921, les sœurs Missionnaires de l’Immaculée-Conception (MIC) se voient confiées l’administration de l’Hôpital Général chinois de Manille, une mission qui les met en rapport avec de nombreux immigrants et résidents chinois. Cet article examine les multiples difficultés que les sœurs éprouvent au contact d’une population de mourants qu’elles tentent de convertir, faisant face à des croyances et à des pratiques bouddhistes et taoïstes bien ancrées. Les sœurs luttent contre ces pratiques, ce qui fait de l’hôpital où elles travaillent un lieu de confrontations ontologiques. En distribuant des médailles et des images de la Vierge, les sœurs contribuent aussi à alimenter la plasticité des religions chinoises en présence, et en particulier la dévotion à la Santa Maria. Le dévouement des sœurs en matière de soin et d’éducation ainsi que leur tolérance leur ont permis de développer des relations durables et fructueuses avec leurs patients. La christianisation des Chinois n’a cependant pas transformé pour autant leurs traditions millénaires. Dans l’anthropologie des missions, cette étude de cas montre que des malentendus figurent souvent au cœur du processus de conversion.
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Université Laval
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Laugrand, F. (2014). La Vierge ou la Santa Maria? Les sœurs MIC et la plasticité des religions chinoises à l’Hôpital Général chinois de Manille (1921-1939). Social Compass : international review of sociology of religion, 61(4), 550-558. https://doi.org/10.1177/0037768614547334 (Original work published 2014)