Les mouvements sociaux porte-paroles des sans-voix: dispositifs communicationnels et réception

Van Leeckwyck, Robin;Dufrasne, Marie
(2018) Donner la parole aux ‘sans-voix’ — Location: Paris (21.June.2018)

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En Belgique, la société civile s’est organisée ces dernières années pour prendre la parole dans le cadre des négociations des deux traités de libre échange TTIP et CETA. Ces mouvements sociaux se revendiquent de la contentious politics (McAdam et al., 2001) et se posent en challenger ou outsider (Fillieule, 2009). Certains ont vu le jour à cette occasion (Alliance D19-20), d’autres ont mis ces thématiques à leur agenda (Tout Autre Chose, CNCD-11.11.11), et certains se sont regroupés en plateforme (No-Transat, Stop TTIP). Leur importance réside dans leur capacité à donner la parole à des groupes ou des individus exclus des espaces publics de discussion (McAdam, 1999). L’enjeu était de représenter une voix alternative aux grands acteurs du débat public - les partis et les syndicats - pour construire un problème public (Céfaï, 1996) plus transversal et englobant. Dans cet espace de débat très institutionnalisé, il est en effet très difficile pour les sans-voix de s’exprimer. Ces mouvements insistent sur leur capacité à mieux représenter les diverses couches de la population, en incluant les femmes, les jeunes et les chômeurs dans le débat et les actions. L’organisation même de ces mouvements a pour but d’impliquer les plus faibles qui seraient davantage touchés par ces traités et d’en être les porte-voix. Cette présentation mettra en lumière la manière dont ces collectifs doivent se rendre visibles et se communiquer pour pouvoir atteindre leurs objectifs. Le web continuant, dans ce cadre, à être perçu comme porteur d’espoir pour que chaque citoyen puisse donner son avis (Castells, 2007 ; Benkler et al., 2013). L’analyse de leur instrumentation communicationnelle et de leurs dispositifs socio-techniques révèlera toutefois leurs difficultés de faire accéder cette population “faible” aux débats et à une visibilité dans l’espace public. Cette présentation relèvera également que cette volonté de représentation se heurte à une construction de la communication qui configure, et peut restreindre, les publics cibles. En effet, les acteurs chargés de la communication sont éduqués et formés, induisant un biais de communication excluant certaines couches de la population. Cela se manifeste dans leurs discours (engagés politiquement et jouant avec des notions complexes) et dans leurs actions (souvent de désobéissance civile). Les données présentées ont été récoltées en ligne ou par des entretiens et produites par de l’observation participante au sein de plusieurs associations belges. Cette méthode nous a permis de nous placer du point de vue des acteurs et surtout d’assister aux pratiques participatives et communicationnelles dans l’interaction, de suivre les acteurs dans la multiplicité de leurs lieux et moments d’interaction et d’ainsi capter la manière dont ils tentent d’inclure les publics dominés ou à faible ressource.
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Citations

Van Leeckwyck, R., & Dufrasne, M. (2018). Les mouvements sociaux porte-paroles des sans-voix: dispositifs communicationnels et réception. Donner la parole aux ‘sans-voix’, Paris. https://hdl.handle.net/2078.5/173564