(fr) Cette recherche porte sur l’usage des mythes en philosophie politique à travers une étude comparative entre Platon et le confucianisme. Dès l’Antiquité, le mythe ne se réduit pas à un simple récit fabuleux : il constitue un instrument de légitimation, de cohésion sociale et de transmission des normes. Chez Platon comme dans le confucianisme, il acquiert ainsi une dimension politique fondatrice. Deux questions guident ce travail : quel est le sens du mythe chez Platon et dans le confucianisme ? Pourquoi critiquent-ils certains mythes tout en en produisant eux-mêmes ? Afin d’y répondre, je distingue les usages contemporains de notions telles que « mythe » ou « philosophie » des textes anciens eux-mêmes, en tenant compte de la distance historique et conceptuelle qui nous en sépare. Dans La République et le Mémorial des rites, les mythes apparaissent moins comme des discours de vérité que comme des récits porteurs d’une vision éthique et politique, orientée vers le bien des individus et l’harmonie sociale. Mon hypothèse est que le mythe, en tant que récit d’un monde idéal, fonctionne comme un modèle analogique permettant de guider l’action humaine face aux problèmes éthiques et politiques. L’analyse porte sur les passages où le mythe intervient pour justifier une norme, fonder une institution ou susciter une disposition morale. En comparant ces deux corpus, cette recherche montre que le mythe joue un rôle structurant dans la formation des normes et des idéaux politiques, tout en permettant de dépasser certaines oppositions binaires telles que Orient/Occident ou raison/mythe. Dans cette perspective, il ne s’agit plus aujourd’hui de reproduire ces modèles anciens, mais d’en prolonger l’exigence : celle d’une pensée qui relie le vrai au juste, la réflexion à l’action, et la parole à la vie. Penser le mythe aujourd’hui, c’est aussi penser la philosophie comme un engagement vivant face aux défis de notre temps.
Jiang, Y.-H. (2026). L’usage des mythes en philosophie politique : une étude comparative entre Platon et le confucianisme. https://hdl.handle.net/2078.5/277312