Adolphe Gesché occupe une place singulière dans le paysage théologique contemporain. La singularité de son ton doit beaucoup à sa fibre littéraire — fait assez rare chez les théologiens de métier ! De fait, il écrit et sait écrire. Sa sensibilité d’écrivain et de croyant cherchant à mieux comprendre sa foi et à la partager fait de lui un véritable « interrogateur de réponses ». De sa formation initiale, ce pèlerin de la pensée a gardé le goût de la rigueur et de l’étude des grands textes. Le chercheur qu’il n’a jamais cessé d’être a cultivé la curiosité pour tous les domaines intellectuels, et tout particulièrement pour la théologie dont il a revisité les thèmes majeurs. À ces talents se joint naturellement celui de pédagogue, que le lecteur appréciera — surtout s’il découvre avec ce livre la réflexion théologique. Ce pasteur, enfin, n’a cessé d’éveiller ses coreligionnaires à une vraie intelligence de la foi et au goût du questionnement partagé avec celles et ceux qui croient moins, différemment, ou pas du tout. Quel meilleur guide pour apprendre à oser penser par soi-même que celui qui écrivait : « N’ayez pas peur de vous pencher à la margelle de votre propre puits. Ne retenez pas seulement comme vrai ce qui vous a été enseigné ou ce que vous aurez appris par la suite (mais qui vient encore des autres), comme si vous n’étiez que des commentateurs, dépourvus de tout droit à l’inspiration et à l’invention. Il y a en vous, comme en tout homme, une source particulière, unique et singulière » ?
Riaudel, O. (2013). Le langage. In Benoît Bourgine; Paulo Rodrigues; Paul Scolas (dir.) (ed.), La margelle du puits. Adolphe Gesché, une introduction (p. p. 514). Cerf. https://hdl.handle.net/2078.5/92212