(fr) Cette thèse porte sur l’observation de pratiques quotidiennes de femmes téhéranaises menée sur une période de neuf années allant de 2006 à 2015 ainsi que sur des récits de vie qui s’étendent sur deux générations de femmes pré- et postrévolutionnaires. A travers ces données, ce travail explore les espoirs et les obstacles liés aux différents cycles d’existence de ces femmes que sont les études, le mariage, la vie de couple et le départ éventuel vers l’étranger. Des étapes qui, dans un univers socialement et structurellement dominé par les hommes, sont systématiquement marquées par des désillusions et des difficultés que les femmes surmontent en faisant preuve de ruse ou de résistance, et en mettant en place diverses formes de stratégies. Plus spécifiquement, cette étude met en évidence l’usage qui est fait du corps par ces femmes et les transformations qui y sont apportées comme ultime moyen de survie et/ou d’ascension sociale. Une partie de ce travail consiste également à déconstruire les nombreuses idées reçues que l’on se fait du contexte téhéranais et à décortiquer différentes institutions, telles que l’université, le mariage et la famille, pour en dégager le sens et le fonctionnement local. Enfin, les différents sens que prennent les projets migratoires, les départs réels et imaginaires qui sont omniprésents dans la vie de ces femmes, y sont systématiquement abordés et analysés.
Haghdad Mofrad, G. (2015). (Sur)vivre et naviguer entre deux eaux : histoires de ruse, de résistance et de “par-être” chez les femmes téhéranaises. https://hdl.handle.net/2078.5/91084