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Le destin partagé des sécurités sociale et civile post-keynésiennes. De l’emploi de la notion de gouvernance pour rendre compte de la multilatéralisation du policing

Biaumet, Gilles
(2013) Conférence doctorale du Centre de Recherche en Science Politique de l’Université Saint-Louis - Bruxelles : La multiplication des niveaux du politique — Location: Université Saint-Louis - Bruxelles (3.October.2013)

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  • Biaumet, GillesUSL-B
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Abstract
Substantif du verbe to police, le policing est notamment défini dans l’Oxford Dictionary comme l’action de « […] maintaining law and order in or at (an area or event) » . Cette définition vient compléter l’entrée police : « the civil force of a state, responsible for the prevention and detection of crime and the maintenance of public order » (nous soulignons). Dans cette optique, la prévention et le maintien de l’ordre semblent appréhendés comme deux activités relevant exclusivement de la responsabilité de l’organe public. Bien-sûr, l’exercice de ces activités, lui, ne reflète pas un quelconque monopole. Depuis les années 1970, un nombre de recherches croissant s’est attardé sur un processus démarré dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Clifford Shearing et Philip Stenning qualifie de « […] quiet revolution in the policing and social control systems […] » ce phénomène résumé dans la notion de sécurité privée (que l’on parle de privatisation de la sécurité, d’industrie de la sécurité privée, etc). La révolution qu’évoquent ces auteurs vient rendre compte de la contribution croissante amenée par une multitude d’acteurs publics et, surtout, privés à la production de sécurité. Sans aucun doute possible, le policing s’envisage, comme le relève Rob Mawby, comme une activité « […] that might be engaged by any number of agencies or individuals » (nous soulignons). Si le pluralisme institutionnel caractérisant le policing ne constituait pas une nouveauté dans les années 1970, celui-ci semble avoir accéléré à la faveur de la transformation d’un État-providence pourvoyeur de services en un État-régulateur les gouvernant à distance. En substance, cette hypothèse, que nous interrogeons ici, est que le redéploiement des prestations de services de sécurité à la population a suivi un schéma similaire au redéploiement des prestations sociales. Aussi, certains auteurs avancent l’idée d’un « policing post-keynésien » et empruntent à la littérature sur la crise de l’Etat-providence des notions supposées transposables à la prestation de services de sécurité, comme l’autonomisation de l’individu , la (re)marchandisation des prestations ou le scepticisme envers la capacité de l’État bureaucratique à s’acquitter seul de fonctions au bénéfice des citoyens . Dans un premier temps, cette communication reviendra sur l’idée de destin partagé des sécurités sociale et civile décrite ci-dessus en interrogeant des propositions classiques relatives à la fin du compromis keynésien . Le deuxième temps de cette communication discutera la pertinence de l’emploi de la notion de gouvernance pour rendre compte des nouvelles configurations mobilisant une multitude d’acteurs et d’institutions différents dans la production des services de sécurité. La notion de gouvernance sera appréhendée avec un bagage littéraire minimum et généraliste , soit non-centrée sur les questions de sécurité. Si la gouvernance, entendue par exemple comme tendance politique, émerge suite à la complexification des sociétés contemporaines et à un épuisement des formes traditionnelles d’action publique de l’Etat-providence, le mouvement de destin partagé dessiné en première partie de la communication pourrait être prolongé. Pour ces raisons, la notion de gouvernance, dont les contours doivent être dressés avec précision, pourrait se révéler cruciale à l’appréhension de la multilatéralisation du policing et constituerait une entrée idéale à l’analyse de ce phénomène.
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Citations

Biaumet, G. (2013). Le destin partagé des sécurités sociale et civile post-keynésiennes. De l’emploi de la notion de gouvernance pour rendre compte de la multilatéralisation du policing. Conférence doctorale du Centre de Recherche en Science Politique de l’Université Saint-Louis - Bruxelles : La multiplication des niveaux du politique, Université Saint-Louis - Bruxelles. https://hdl.handle.net/2078.5/199097