La justice réparatrice dans le contexte de crimes de masse : quelle spécificité ? Quel apport dans les processus de réconciliation ?

Nsanzuwera, François-Xavier
(2019) De la justice pénale internationale à la justice transitionnelle : quelle réconciliation après un conflit ? — Location: Justice & Paix, Bruxelles (23.September.2019)

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  • Nsanzuwera, François-XavierUSL-B
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(fr) Les témoignages de Denis Mukwege et Nadia Murad, récents lauréats du prix Nobel pour la paix (2018) sont poignants et leur énergie est mobilisatrice. Tous deux dénoncent les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité et s’attachent à faire revenir la justice au sein de sociétés meurtries. Leur appel conjoint aux dirigeants de ce monde et à la société civile mondiale doit être entendu et doit être intégré dans les actions et plaidoyers futurs. Denis Mukwege est le fondateur de l’hôpital Panzi à Bukavu au Congo, dans une région ravagée par la guerre et la terreur. Comme gynécologue, son équipe a rendu l’espoir à des milliers de femmes ébranlées par les mutilations génitales. Comme acteur de la société civile, Mr. Mukwege dénonce la violence des belligérants, en ce y compris l’Etat congolais. A côté de son oeuvre médicale et humanitaire, il promeut des initiatives locales de justice réparatrice. Nadia Murad, jeune femme Yézidie originaire du Sinjar en Irak, a marqué le monde par son témoignage et son rôle d’ambassadeur de bonne volonté des Nations Unies. Elle est devenue la principale voix de la communauté yézidie, victime d’atrocités par les djihadistes de Daesh, après avoir elle-même échappé à l’horreur de l’esclavage. Par son plaidoyer, elle dénonce le trafic d’êtres humains et elle pointe la déshumanisation des victimes, la séparation des individus de leur culture et de leurs communautés, d’objectification des personnes. Au sein d’un conflit de peuples, l’activité de traite d’êtres humains contribue à maintenir le cycle de la terreur, à l’amplifier ou à l’étendre. Elle demande justice et reconnaissance du génocide que son peuple a subi, avec poursuite pénale des auteurs de crimes contre l’humanité. Ces deux personnalités posent la question de la justice en situation post conflit. D’un côté la question médiatique et diplomatique d’une justice pénale internationale, confiée en 1998 à la Cour pénale internationale (CPI). Son objectif est de rechercher la vérité factuelle pour que les auteurs soient punis. Sa mise en place est contestée sur la scène diplomatique internationale. De l’autre côté, une justice de proximité qui cherche réparation au sein des communautés locales. Son objectif est de proposer un chemin de repentance à l’auteur, qui s’engage devant ses victimes et devant la communauté locale. Ce séminaire a pour but d'interroger tant les objectifs que les moyens de justice soutenus et mis en place pour éclairer, reconnaitre, assumer et réconcilier lorsqu’il y a des crimes contre l’humanité. C’est également l’occasion d’interroger les responsables politiques belges et européens sur leur lecture et leurs actions vis-à-vis de cette thématique. Ainsi que la société civile et tout particulièrement l’Eglise, qui est bien souvent un acteur clef de ces processus de réconciliation. Que pouvons-nous faire de plus pour qu’il y ait davantage de justice et de réconciliation ?
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Nsanzuwera, F.-X. (2019). La justice réparatrice dans le contexte de crimes de masse : quelle spécificité ? Quel apport dans les processus de réconciliation ? De la justice pénale internationale à la justice transitionnelle : quelle réconciliation après un conflit ?, Justice & Paix, Bruxelles. https://hdl.handle.net/2078.5/170925