Dans un texte remarquable publié en 1996 dans les Nouveaux Cahiers de l’IUED, Jean-Philippe Peemans divisait la crise de la pensée sur le développement en deux phases. La première crise des années 1980, qu’il appelle « la contre-révolution néolibérale », était l’œuvre d’économistes néoclassiques qui n’hésitaient pas à déclarer la mort de l’économie du dévelop-pement dans le but de recentrer le développement dans le cadre du marché international supposé être un meilleur vecteur de croissance que l’État. Et la seconde, actuelle, dont le postdéveloppement est l’un des aspects, « une crise de reconstruction » en oppo-sition à « la crise de déconstruction » des années 1980. Alors que l’objectif de certains économistes des années 1980 était de délégitimer les politiques de développement qui s’étaient appuyées durant la période 1950-1970 sur les principes néokeynésiens, structuralistes et néomarxistes, dans l’actuelle « crise de reconstruction », l’accent est principalement mis sur la reconsidération de l’aspect politique du déve-loppement et l’autonomisation des sciences du développement par rapport au champ économique. Ce livre de William Bolouvi participe à « la crise de reconstruction » de la pensée sur le développement
Amougou, T. (2007). Quel développement pour l’Afrique subsaharienne? Économie et Solidarités, 38(2), 181-185. https://hdl.handle.net/2078.5/32545 (Original work published 2007)