(2015) AFLS 2015 La linguistique du français vernaculaire : analyses synchroniques, perspectives diachroniques et applications didactiques — Location: Caen, France (17.June.2015)
Barreca, GiuliaUniversité Paris Ouest Nanterre La Defense
Author
Christodoulides, GeorgeUCLouvain
Author
Durand, JacquesUniversité de Toulouse - Le Mirail
Author
Laks, BernardUniversité Paris Ouest Nanterre La Defense
Author
Lyche, ChantalUniversité de Oslo
Author
Abstract
La quasi-totalité des études de la liaison après adjectif antéposé (dorénavant AdjA) porte sur des exemples obtenus par introspection (Fouché, 1959) ou sur des formes d’écrit oralisé, comme par exemple des lectures à haute voix (Durand et Lyche 2008) ou des interviews radiophoniques et télévisées (Morin et Kaye, 1982). D’après ces travaux la liaison serait plus fréquente après les AdjA pluriels (Morin et Kaye, 1982) et serait toujours réalisée après les AdjA petit et grand (Durand et Lyche, 2008). Or, une étude récente (Benzitoun, 2014) a permis de mettre en évidence un écart significatif entre le nombre d’AdjA à l’oral et à l’écrit. Ces résultats rappellent l’importance de la variation diamésique et diaphasique dans l’étude de la liaison de l’adjectif épithète. Notre travail se propose d’analyser la liaison de AdjA à partir des données d’oral semi-spontané du corpus CFPP2000 (535.000 tokens) (Branca-Rosoff et al.2012) et du corpus PFC (1.368.035 tokens) (Durand et al. 2009) sur lequel nous avons mené un important travail de ré-annotation morphosyntaxique à l’aide de l’annotateur DisMo (Christodoulides et al. 2014). Nos données nous ont permis de mettre en évidence les résultats suivants : (1) la liaison après AdjA représente une faible partie des contextes totaux de liaison dans le corpus PFC; (2) aucune différence significative n’a été enregistrée entre le taux de réalisation de la liaison après les AdjA singuliers (84%) et après les AdjA pluriels (86%); (3) le nombre total de lemmes des adjectifs antéposés en contexte de liaison est très réduit (31 lemmes/388 occurrences) et plus limité au singulier qu’au pluriel avec des AdjA phares tels que grand, petit et bon; (4) la réalisation de la liaison est variable même dans le cas des adjectifs petit et grand . Nos résultats interrogent les modèles phonologiques classiques fondés sur la productivité et la compositionnalité (au sens frégéen) de la liaison dans son interaction avec la syntaxe. Si nous soulignons l’importance de données conversationnelles, nous reviendrons aussi sur l’utilité de la lecture à haute voix (en l’occurrence dans PFC) pour explorer des contextes plus rares et mettre à l’épreuve la capacité des locuteurs à généraliser les patrons attestés dans les conversations spontanées.
Barreca, G., Christodoulides, G., Durand, J., Laks, B., & Lyche, C. (2015). La liaison de l’adjectif antéposé dans le français parlé. AFLS 2015 La linguistique du français vernaculaire : analyses synchroniques, perspectives diachroniques et applications didactiques, Caen, France. https://hdl.handle.net/2078.5/66601