La radicalisation est une problématisation nouvelle de la violence politique, qui s’est progressivement imposée dans l’Union européenne après les attentats de Madrid (2004) et de Londres (2005) . Les politiques de contre-radicalisation auxquelles elle a donné lieu présentent plusieurs particularités par rapport aux politiques antiterroristes qui les ont précédées ; elles ont des répercussions importantes sur ceux qui en sont les opérateurs, dont elles redéfinissent les rôles, mais aussi les identités professionnelles, les méthodologies et les déontologies . Dans ces circonstances, il a paru opportun de mettre en place deux focus groups : le premier, avec des intervenants considérant que l’exercice de leur profession et la réalisation de leur mission impliquent de nouer une relation de confiance avec celles et ceux qui forment leur public-cible ; le second avec des intervenants dont la profession et les missions impliquent de rechercher et de signaler des infractions – qu’il s’agisse d’infractions pénales, mixtes ou administratives. Les politiques de contre-radicalisation affectent les uns et les autres, enrôlant ou tentant d’enrôler ceux-là dans le champ où opèrent ceux-ci, champ que par ailleurs elles élargissent, en amont, à la recherche d’agissements suspects, façons d’être ou de faire autorisés, mais considérés comme des indices de radicalisation. A la demande du commanditaire, le rapport final ne cite jamais les membres des focus groups.