(fr) À l’appui des Caractères de la Bruyère, j’ouvre à nouveau une question laissée en suspens par les études qui ont été menées autour de « la philosophie comme manière de vivre ». Cette question concerne la nouvelle relation entre la parole et l’action qui se serait établie à partir des XVIe et XVIIe siècles en Occident (M. de Certeau, P. Hadot, M. Foucault, P. Manent). Au travers des différentes hypothèses proposées, j’ai choisi d’étudier le rôle qu’y a joué la parole de type machiavélien ou la « logique de la domination ». À la fois mode d’accès à la connaissance, mode de constitution de soi et rapport à la politeia, cette logique nous détourne d’un accès au texte de la Bruyère pouvant libérer tout son potentiel de réformation éthique – sa psychagogie. Pour accéder à ce potentiel, il a été nécessaire de prendre distance avec la logique de la domination, de renouer avec cet autre rapport au langage que celle-ci n’a cessé par ailleurs de discréditer, à savoir le rapport au langage d’origine socratique, et, enfin d’ouvrir à une réévaluation objective des postulats anthropologiques qui innervent la pensée politique et sociologique moderne, et qui configurent le foyer de notre expérience politique actuelle.
Picardi, E. (2017). La philosophie comme manière de vivre ou les impasses de la domination : sur une lecture des Caractères de la Bruyère. https://hdl.handle.net/2078.5/98977