Nos travaux expérimentaux avaient pour but de mieux comprendre et d'améliorer notre prise en charge des patients BPCO traités par ventilation non invasive (VNI). Le but de cette ventilation est principalement d'augmenter la ventilation en diminuant le travail des muscles respiratoires. <BR> Le comportement inspiratoire du patient joue probablement un rôle dans le succès de la technique. Nous démontrons dans un premier temps que l'inspiration relâchée (le patient se laisse faire par le ventilateur) durant la VNI est certainement préférable à une inspiration active (le patient aide le respirateur) ou résistée (le patient résiste à l'insufflation du respirateur). En fait, quand on le compare avec une inspiration relâchée, le comportement actif augmente moins la ventilation que le travail inspiratoire. Le comportement résisté quant à lui diminue la ventilation minute. Ainsi, en cas d'exacerbation aiguë de BPCO, un comportement inspiratoire actif ou résisté pourrait affecter le bénéfice d'une VNI en mode pression positive. Cela est important à connaître car beaucoup de cliniciens semblent satisfaits quand ils observent leurs patients inspirés activement lors d'une VNI.<BR> Dans une seconde partie, nous démontrons que la réponse ventilatoire sous VNI est similaire chez le patient BPCO normocapnique ou hypercapnique. Nous montrons aussi que la ventilation en mode nCPAP est probablement suffisante chez le patient normocapnique car elle diminue le travail inspiratoire sans risque d'hypocapnie tandis que la ventilation en mode BiPAP est nécessaire pour améliorer la ventilation en diminuant le travail inspiratoire chez le patient hypercapnique.<BR> D'après la littérature, la VNI devrait faire partie de l'arsenal thérapeutique de première ligne dans le traitement des patients BPCO hypercapniques admis en salle d'urgence. Pourtant en Belgique, notre étude épidémiologique montre que seulement 50% des services d'urgences utilisent ce type de traitement. Cela est dû principalement au manque d'équipement disponible et à l'absence d'expérience des équipes avec ce type de traitement. De plus, un remboursement spécifique de ce type de ventilation n'est pas prévu par la nomenclature belge.<BR> Une expérience pilote avec la VNI chez le sujet âgé fragile hospitalisé dans le service de gériatrie, nous pousse à poursuivre cette démarche qui pourrait avoir un bénéfice non seulement clinique mais aussi économique (diminution des séjours en services de réanimation pour ce type de patient). Une réflexion éthique à ce propos est néanmoins systématiquement nécessaire
Vanpee, D. (2003). Non invasive positive pressure ventilation for exacerbation of chronic obstructive pulmonary patient. https://hdl.handle.net/2078.5/110813