(fr) L’objectif de cet article est d’estimer dans quelle mesure les migrants contribuent à la mortalité due au Sida et la tuberculose (TB) dans les localités rurales. Les données sur les événements vitaux et migratoires proviennent de l’observatoire sociodémographique et de santé d’Agincourt (Afrique du Sud) pour la période 1994-2006. L’espérance de vie en l’absence de Sida/TB, ainsi que les taux bruts de mortalité ont été calculés par sexe, statut migratoire et période. Le taux brut de mortalité a presque triplé de 5∙39 [IC 95% 5∙13–5∙65] à 15∙10 [IC 95% 14∙62–15∙59] pour 1000 sur la période 1994-2006. La contribution des migrants de retour atteints du Sida/TB à l’augmentation de ce taux brut de mortalité est de 78∙7% [IC 95% 77∙4–80∙1] pour les hommes et de 44∙4% [IC 95% 43∙2–46∙1] pour les femmes. Ainsi, dans un milieu rural sud-africain typique dépendant de la migration de main-d’oeuvre pour sa survie, les migrants de retour, dont bon nombre sont atteints du Sida/ TB, contribuent grandement au fardeau des maladies.
Bocquier, P., Collinson, M. A., Clark, S. J., Gerritsen, A. A. M., Kahn, K., & Tollman, S. M. (2014). Ubiquitous burden: the contribution of migration to AIDS and Tuberculosis mortality in rural South Africa. African Population Studies, 28(1), 691-701. https://doi.org/10.11564/28-0-525 (Original work published 2014)