Pour tout être humain, l'acte de manger est capital. Il n'est pas seulement indispensable à la vie, car le repas, point de jonction entre nature et culture, est à la fois une rencontre avec l'univers entier et un rite social révélateur des groupes et des personnes. De plus, le manger entretient un lien intrinsèque avec la violence, puisqu'il suppose destruction et appropriation. C'est sans doute pour cela que, dès le début de la Bible, il est question de manger, mais aussi de respect de la vie et de maîtrise de la violence. C'est à suivre ce fil tout au long des deux Testaments que s'emploie cet essai, qui désigne l'alliance comme lieu où la force inhérente à la violence peut se convertir en énergie de vie. Et qui dit alliance dit reconnaissance et partage, ouverture à l'altérité sans laquelle aucune identité ne tient.