Yersinia possède un système de virulence de type III, également appelé système de contact car il requiert un contact très étroit entre la bactérie et la cellule hôte afin d’être activé. Les systèmes de type III sont rencontrés chez de nombreuses bactéries pathogènes pour les animaux et les plantes et permettent l’injection de protéine effectrices depuis l ecytoplasme des bactéries extra-cellulaires jusque dans le cytosol des cellules eucaryotes. Ces protéines traversent donc les memebranes bactériennes et eucaryotes. Une fois dans le cytosol de la cellule eucaryote, elles agissent sur leur cible afin de « désarmer » la cellule hôte. <BR> Cette thèse est focalisée sur les aspects structuraux et régulateurs de l’appareil d’injection de Yersinia (injectisome), appelé Ysc, qui permet le passage des protéines effectrices appelées Yops à travers les deux membranes bactériennes. On a montré qu’en absence de sécrétion, par exemple suite à une mutation dans un gène ysc ou en présence de concentrations millimolaires en Ca2+ in vitro, la transcription des gènes codant le système de type III de Yersinia est réduite, afin probablement d’éviter une accumulation toxique des Yops dans la bactérie. Chez Y. pseudotuberculosis, LcrQ semble agir comme un régulateur négatif de l’expression des yop (Rimpiläinen et al., 1992 ; Pettersson et al., 1996), mais la façon dont il agit reste mal comprise. L’homologue de cette protéine chez Y. enterocolitica, appelé YscM, ne semble pas agir de la même façon (Allaoui et al., 1995,). Dans la Publication 1, nous avons démontré que la différence existant entre ces deux espèces est due à la présence de deux copies fonctionnelles de yscM sur le plasmide de virulence pYV de Y. enterocolitica. YscM1 et YscM2 assurent la même fonction que LcrQ chez Y. pseudotuberculosis et Y. pestis : elles bloquent l’expression des gènes yop quand la machinerie de sécrétion n’est pas fonctionnelle. Cet effet est indirect et requiert d’autres protéines encodées par le plasmide pYV car les deux copies de yscM sont incapables d’exercer leur rôle inhibiteur dans une souche de Yersinia dépourvue du plasmide pYV. <BR> Récemment, la structure de l’injectisome de Solmonella et de Shigella a été déterminée (Kubori et al., 1998 ; Blocker et al., 1999). Celui-ci ressemble au corps basal du flagelle bactérien surmonté par une aiguille permettant l’injection des effecteurs dans la cellules eucaryote. Dans la Publication 2, nous avons caractérisé YscP, une protéine exposée à la surface bactérienne et impliquée dans la sécrétion des Yops. Cette protéine est certainement un composant de l’injectisome de Yersinia. <BR> En annexe de cette thèse, la caractérisation de la protéine LcrV est décrite (Publication 3). Celle-ci est impliquée dans la sécrétion de YopB et YopD, deux protéines permettant le passage de sYops effectrices à travers la membrane de la cellule eucaryotes
Affiliations
UCLouvainMD/MIGE/MIPA - Unité de pathogénie microbienne
Citations
APA
Chicago
FWB
Stainier, I. (2000). The type III injectisome of Yersinia : regulatory and structural aspects. https://hdl.handle.net/2078.5/111086