Sur le plan psychophysique, l’analyse de la douleur expérimentale évoquée par la chaleur est difficile pour deux raisons principales : 1) un stimulus thermique est toujours progressif ; 2) un stimulus douloureux peut activer deux types de nocicepteurs, connectés à des fibres périphériques Aδ et C dont les vitesses de conduction sont différentes. Pourtant, dans beaucoup de tests comportementaux de nociception chez l’animal, on mesure le temps de réaction, c’està-dire la durée séparant la réponse évoquée du début de l’application de chaleur. Puisqu’il est techniquement impossible de chauffer la peau instantanément par des moyens conventionnels, on doit s’interroger sur la signification d’un temps de réaction obtenu dans ces conditions. Nous avons développé un corpus théorique, un paradigme expérimental et un modèle pour analyser en termes psychophysiques chez le rat les réponses évoquées par l’application de chaleur radiante nociceptive de puissance aléatoire. Nous avons étendu cette approche, fondée sur l’analyse conjointe du stimulus et de la réponse du sujet, à l’homme pour mesurer les seuils thermiques et les latences de la douleur déclenchées par les fibres Aδ et C.
Le Bars, D., Pollin, B., & Plaghki, L. (2011). Une approche de la douleur expérimentale commune à l’homme et à l’animal. Douleur et Analgésie, 24(4), 227-236. https://doi.org/10.1007/s11724-011-0275-3 (Original work published 2011)