Cette thèse, dans sa première partie théorique, nous a amenés à mettre en évidence que la dépression est une affection qui touche plus de 10% de notre population, qui corresponde à une réelle affection au long cours avec plus de 60% de récidive. <BR> Près de 30% des dépressifs ne réagissent pas aux traitements antidépresseurs. Plus de 20% passent à une chronicité souvent très longue et difficile à aborder sur le plan thérapeutique. Qui plus est, la dépression s’accompagne d’une comorbidité importante et ses complications à long terme apparaissent très graves : suicide, augmentation de la morbidité et de la mortalité médicales, passage à la chronicité et altérations graves du fonctionnement social. <BR> L’analyse de la littérature met en évidence qu’aucune étiologie unique et définitive n’a été mise en évidence à l’heure actuelle même s’il apparaît évident qu’il existe des facteurs de vulnérabilités qui fragilisent le patient face à des situations personnelles, conjugales ou professionnelles difficiles qui précipiteront l’éclosion du trouble dépressif. Nous avons mis en évidence que seule une approche triaxiale de la dépression permet réellement de guérir ce trouble : approche thérapeutique individuelle, traitement antidépresseur et approche familiale. <BR> La deuxième partie expérimentale, réalisée sur un échantillon aléatoire de troubles dépressifs graves pris en charge pendant une période de terrain de trois mois, puis suivis à un an et à deux ans par des chercheurs qualifiés nous a amenés à tirer les conclusions suivantes : <BR> - Il faut remettre en question les critères habituellement retenus pour décider de l’abord thérapeutique des patients dépressifs (gravité symptomatique, caractéristiques diagnostiques, risque de passage à l’acte). Au contraire, ce sont des critères peut investigués d’habitude qui s’avèrent significatifs : capacité de mobilisation familiale, alliance thérapeutique du patient à l’égard du thérapeute. <BR> - Mettre l’accent sur l’instauration d’une alliance thérapeutique avec le patient et la famille augmente manifestement la compliance des patients dépressifs au traitement à court, mais aussi à long terme. <BR> - Les facteurs de prédiction du devenir clinique mettent l’accent sur l’importance de la prise en compte de mécanismes transférentiels mettant en jeu les alliances thérapeutiques entre le thérapeute et le patient et la famille. <BR> La conclusion essentielle de cette thèse est de mettre en évidence qu’il est essentiel, face à un état dépressif aigu, de nouer avec le patient une alliance thérapeutique de qualité et d’interpeller et d’intégrer au traitement initial l’entourage familial et les proches trop souvent rejetés. <BR> Si l’abord thérapeutique de ces patients supposera d’intégrer à la prise en charge un traitement antidépresseur, l’abord thérapeutique ne pourra se faire sans une compétence psychothérapeutique des intervenants de crise tant sur le plan psychanalytique individuel que sur le pan psychothérapeutique familial et systémique
Affiliations
UCLouvainMD/MED/NOPS/PSCL - Unité de recherches cliniques psychiatriques
Citations
APA
Chicago
FWB
De Clercq, M. (1995). L’abord thérapeutique des états dépressifs aigus. https://hdl.handle.net/2078.5/111333