Les Roms sont omniprésents à l’Est de la Slovaquie. Ils connaissent des formes diverses d’intégration économique qui se répercutent sur le plan du logement. Une faible partie d’entre eux habite au centre des villes. D’autres vivent dans des HLM urbains, souvent vétustes. Il y en a qui ont réussi une belle insertion, en ville parmi les Gadjé, ou au cœur de certains villages (comme à Nova Lesna, au pied de la chaîne des Tatras). Mais la plupart des Roms sont frappés par un chômage de longue durée et vivent dans des quartiers périphériques désignés comme vatra (« quartier tsigane »), kolonia (« colonie ») ou osada (« hameau »). Quelle que soit l’appellation, il s’agit de véritables bidonvilles, amas de maisonnettes croulantes et de blocs grisâtres d’habitations en béton, d’où émergent ici et là quelques pavillons mieux entretenus. Ce sont de véritables lieux de relégation (comme à Lunik 9, un quartier de HLM à la périphérie de Kosice, réservé aux Roms qui ne savent pas payer leur loyer) où se concentre une population d’exclus économiques marqués pour un grand nombre par les signes d’un vieillissement précoce, les maladies de la peau et la lassitude. Les stigmates de l’isolement de ces populations sont nombreux : à l’éloignement spatial, à l’état déplorable de la voierie et au délabrement des bâtiments s’ajoutent souvent l’absence de tout raccord à l’eau, à l’électricité, l’absence de toute desserte par les transports publics, le bas niveau de l’école fréquentée par les enfants Roms. Comment a-t-on pu en arriver là ? Le texte qui suit tente quelques éléments de réponse en retraçant brièvement l’histoire qui s’est imposée aux Roms en Slovaquie orientale et en soulevant aussi quelques obstacles observés au sein des communautés roms locales.
Reyniers, A. (2007). Comment sortir des bidonvilles ? La situation des Roms en Slovaquie orientale. Etudes Tsiganes, 31-32(3), 48-55. https://doi.org/10.3917/tsig.031.0048 (Original work published 2007)