Il y a, pour le désir de vengeance, une voie moyenne entre le refoulement et le passage à l’acte. La Bible amorce un tel chemin lorsqu’elle accueille dans sa prière cris haineux et violents appels à la vengeance. Au fond, prendre la parole pour dire de tels sentiments envahissant corps et âme, n’est-ce pas déjà se donner un moyen d’avoir prise sur eux en échappant à leur emprise? N’est-ce pas déjà commencer à les humaniser? Prendre conscience que l'on est humain jusque dans la soif de vengeance ou l’envie de tuer, n’est-ce pas déjà se rendre capable d’inventer d’autres issues que la violence?
Wénin, A. (1995). Violence et prière: le Psaume 58. Cahiers de l’École des Sciences Philosophiques et Religieuses, 18, 129-146. https://hdl.handle.net/2078.5/203823 (Original work published 1995)