Malgré l’écho des travaux consacrés à l’esthétique de la réception, puis à la lecture littéraire et au sujet lecteur, il semble que l’appréciation des textes reste aujourd’hui une compétence peu étudiée dans les classes de français, tous niveaux confondus. Pourtant elle intervient à toutes les étapes et dans toutes les formes de la lecture, qu’elles se veuillent fonctionnelles ou littéraires, et, si l’on en croit Picard, c’est le jeu maximal avec les valeurs assignables au texte qui définirait la lecture littéraire. Outre leurs fluctuations historiques et socioculturelles, ces valeurs relèvent d’une diversité de champs axiologiques, qui vont de la simple cognition à l’éthique en passant par l’esthétique, la référentialité, l’originalité, la polysémie et l’émotion, et ce sont elles qui permettent au lecteur de juger le texte sur le mode de la célébration, du rejet ou encore de la neutralité ou de l’oscillation.
Dufays, J.-L. (2019). Comment évalue-t-on les textes littéraires ? Une typologie des valeurs et des modes d’évaluation ou d’appréciation. Recherches & Travaux, Valeur(s) de/dans l’enseignement des textes littéraires, 94, 1-13. https://hdl.handle.net/2078.5/125737 (Original work published 2019)