(fr) Psychopathologie et délinquance dévoile rapidement les (pré-)dispositions de son auteur, ses « options s’enracinent dans une certaine tradition, éthiquement et politiquement engagée, qu’on pourrait appeler psychopathologie d’inspiration phénoménologique et compréhensive, nous obligeant à refuser les évidences » (p. 6). Prenons Christophe Adam au mot, et gageons que les pages de ce mince volume, profond et fin en de bien nombreux aspects, révèlent cet engagement multiple et courageux. Précisons d’emblée que l’objectif de fond, annonce´ dans le titre, est atteint : l’auteur parvient a` concilier – ou réconcilier et nous verrons que ce détail temporel a de l’importance – l’art de la psychopathologie a` la matie` re criminologique. La médiation est réussie puisque les deux disciplines, d’une part, conservent leurs dimensionnalités et les aspérités qui en font deux champs parmi les plus énigmatiques, d’autre part, jamais ne se confondent entièrement ni ne sont naïvement accolées l’une a` l’autre. L’auteur ne cherche pas à établir une psychopathologie criminelle que l’on pourrait peut-être qualifier de « monomaniaque » – on se réfèrera, soit dit en passant, a` l’heureuse réflexion sur la manie dans le premier chapitre de la seconde partie – mais bien à considérer croisements et enchevêtrements des problématiques psychopathologiques et délinquantes. Le clinicien, qu’il soit psychopathologue ou criminologue, est donc confronte´ a` une énigme qui s’exprime sous la forme d’un drame ne pouvant se concevoir en dehors de sa dimension relationnelle intrinsèque.
Englebert, J. (2015). Psychopathologie et filiation : À propos de Psychopathologie et délinquance de Christophe Adam. Annales médico-psychologiques, 173(7), 639-640. https://hdl.handle.net/2078.5/212361 (Original work published 2015)