Danser ce que l’on décrit. Le partage du jeu des corps et la danse comme outil de captation et d’analyse

(2020) Investigation d’Anthropologie Prospective — n° 20, p. 339 (2020)

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L'anthropologue français Alban Bensa nous dit de la démarche ethnographique que « La vue aérienne ou le télescope doivent céder la place à la marche à pied, au microscope, voire au scalpel. C'est dans l'horizontalité du regard … que l'on comprend combien tout est en relation avec tout, combien les personnes ne font que réagir les unes avec les autres, dans une interaction permanente avec l'environnement historique, social, naturel, ... Ce point de vue va privilégier la singularité, le caractère unique de chaque phénomène observé. Approche nominaliste donc qui entend extraire le suc … des événements locaux... » (A. Bensa, Après Levi-Strauss, Paris, Éditions Textuel, coll. « Conversations pour demain »). Je tente d'expliciter, dans cet article, dans quelle mesure l’utilisation de principes propres à la pratique de la danse peut se révéler un outil pertinent à partir duquel, d’une part, apprendre à saisir ou extraire ce « suc » des événements sur le terrain , qu’évoque Bensa, et, d’autre part, se remémorer, convoquer et comprendre ce que nous avons observé, dans le détail de sa multi-dimensionnalité, gestuelle, sonore, tout autant que verbale. Enfin, par ailleurs, j’évoquerai et explorerai la question de la mise en jeu et de l’engagement du corps de l’anthropologue sur son terrain ; non seulement en tant qu’être sensoriel mais également en tant qu’être en mouvement, être de gestes. Le texte qui suit a donc pour objet la mise en lumière d’un certain type d’écriture monographique, parmi d’autres, à l’émergence duquel contribue la mise en jeu du corps de l’anthropologue, non seulement pendant le terrain mais également après, durant la phase d’écriture elle-même à proprement parlé. L’évocation de ce type d’écriture, ancrée dans mes propres expériences de recherches, n’a pas pour but d’affirmer ce dernier comme incontournable mais de proposer quelques principes d’attention, parmi d’autres, au terrain et à la mémoire qu’on en garde, à même de pouvoir parfois soutenir l’anthropologue dans ses descriptions mais aussi éventuellement dans le déblocage de certains « nœuds analytiques ».
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Piolat, P. J. (2020). Danser ce que l’on décrit. Le partage du jeu des corps et la danse comme outil de captation et d’analyse. Investigation d’Anthropologie Prospective, 20, 339. https://hdl.handle.net/2078.5/22387 (Original work published 2020)