Mémoire fragmentée et recomposée : prégnance et (dés)illusions de l'image dans "La Cathédrale de brume" de Paul Willems

(2018) Résilience et modernité dans les littératures francophones — Location: Archives et Musée de la Littérature - Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (22.November.2018)

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Si la question de la modernité a le plus souvent été posée, en Belgique francophone, sous l’angle de la double relation qu’entretiennent les écrivains avec les esthétiques avant-gardistes et les institutions de légitimation du centre parisien , il apparaît qu’elle mérite également d’être pensée en terme de réaction aux grandes évolutions des modalités de représentation du réel. Ces dernières s’originent dans la démocratisation des procédés inhérents à la reproductibilité photographique, desquels sont issues les œuvres et réflexions en la matière les plus influentes du XXe siècle (de Benjamin à Warhol, en passant par Boehm, Mitchell, Nougé ou encore Magritte). Pareille approche, complémentaire des travaux à l’ambition davantage sociologique, permet d’envisager les esthétiques modernes à la fois comme une résistance littéraire et comme une adaptation résiliée aux nouveaux modèles de représentation , ouvrant ainsi une autre voie d’exploration de la « déshistoire » belge . Présentée comme un vide signifiant que peinent à combler les lettres chargées de fonder l’identité littéraire belge, cette « déshistoire » engendre un traumatisme que prennent en charge plusieurs auteurs de la seconde moitié du XXe siècle, que Quaghebeur rassemble dans ces Balises sous le chapitre « À la recherche de la mémoire perdue ». Partant des récents travaux sur l’iconicité , la communication rendra compte de la réflexion poursuivie par Paul Willems au fil de son recueil de nouvelles : La Cathédrale de brume (1983). Bien que son œuvre narrative apparaisse d’emblée comme moins concernée par les interférences que provoque la donnée iconique lorsqu’intégrée au récit mémoriel (à l’inverse d’un Vaes ou d’une Rolin), elle déploie toutefois une subtile réflexion sur la mémoire en tant qu’elle est trouée et vaporeuse, figée, fixée et inaccessible… à l’instar de clichés photographiques qui actualisent autant qu’ils distancient la réalité qu’ils (re)composent.
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Thiry, M. (2018). Mémoire fragmentée et recomposée : prégnance et (dés)illusions de l’image dans “La Cathédrale de brume” de Paul Willems. Résilience et modernité dans les littératures francophones, Archives et Musée de la Littérature - Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. https://hdl.handle.net/2078.5/57996