Une barque processionnelle comporte à ses extrémités la tête de la divinité qu’elle véhicule. Ce n’est pas le cas de l’embarcation de la déesse Nekhbet à Elkab, qui présente des égides hiéracocéphales. Cette particularité locale s’explique par les liens forgés entre la déesse et Horus de Nekhen (Hierakonpolis) depuis les premières dynasties, en particulier dans le cadre du heb sed royal. Dans le ouadi Hellal, Nekhbet, l’œil d’Horus est aussi, par assimilation à Hathor, l’œil de Rê et la déesse lointaine. Cette solarisation de la barque de Nekhbet au Nouvel Empire est peut-être à mettre en relation avec les célébrations du heb sed d’Amenhotep III ou de Ramsès II, vénérés à l’image du dieu solaire.
Karlshausen, C. (2025). De Hiérakonpolis à Elkab: Horus, le roi et la barque de Nekhbet. Chronique d’Egypte, 100(199-200), 70-78. https://doi.org/10.1484/J.CDE.0.000000 (Original work published 2025)