Dans le sillage des efforts menés par Philippe Artières, poursuivant l’exploration des archives léguées, ce texte vise à faire l’héritage de l’expérience du GIP, Groupe d’Information sur les Prisons (1971-1972) qui a su relayer et transporter hors des prisons un savoir qui ne lui appartenait pas, un savoir qui allait déranger. A partir de cette expérience un autre héritage est alors rejoué, celui que nous faisons du philosophe Michel Foucault (1926-1984), car celui-ci, face aux prisons et au savoir des prisonniers, abandonna sa position d’extériorité et adopta, notamment dans ses recherches sur le pouvoir, la position du stratège. Le texte ajoute alors un dernier élément : la revue Esprit (°1932) et le rôle qu’elle a joué dans l’expérience et l’héritage du GIP ; car il veut souligner le caractère composite du GIP et prendre au sérieux la question de la réforme qui s’en est suivie. En somme, nouant l’histoire d’un groupe, d’un savoir, d’un philosophe et d’une revue, il s’agit d’hériter de l’expérience du GIP sur un mode qui dit l’exploit qui s’y est accompli.
Zitouni, B. (2007). Michel Foucault et le Groupe d’Information sur les Prisons: comment faire exister et circuler le savoir des prisonniers. Les Temps Modernes, x(645-646), 268-307. https://hdl.handle.net/2078.5/193847 (Original work published 2007)