Comment relire au prisme du care, l’habitat moderniste pensé pour le plus grand nombre, par des architectes humanistes, tous masculins ? Quelles places réservent-ils aux femmes, au travail domestique et aux soins dans leur projet ? Quel y est le vécu quotidien des femmes ? La prise en compte de leurs besoins spécifiques pourrait-il participer à la redéfinition d’une architecture du logement ? Nous proposons de répondre à ces questions à partir du grand ensemble de Droixhe construit à Liège (Belgique) entre 1954 et 1976, comprenant plus de 1000 logements sociaux et divers équipements dont un centre médico-familial, une école et des espaces communs. La première partie de l’article met en exergue des dispositifs sociaux-spatiaux supports du travail reproductif, pensés et construits par les architectes concepteurs, aux échelles du logement, des communs et du grand ensemble. La deuxième partie, à partir d’une lecture critique des transformations de ces dispositifs, réalisée sur la base d’entretiens semi-directifs avec cinq résidentes de Droixhe, dénonce l’urgence à reconnaitre, à préserver et à valoriser les lieux et les pratiques relatifs au travail reproductif, dans le la réhabilitation comme dans la conception de futurs logements.
Courbebaisse, A., Justine Gloesener, & Salembier, C. (2022). Pour une matrimonialisation du grand ensemble de Droixhe. Le care comme horizon de réhabilitation. Travail, genre et sociétés: la revue du Mage, varia(1). https://hdl.handle.net/2078.5/217288 (Original work published 2022)