Dieu. Seul personnage à traverser la Bible de part en part. Personnage aux multiples visages qui, chacun à sa façon, le montrent, certes, mais surtout le cachent. Dieu insaisissable, donc. À l’image du feu où il apparaît à Moïse. À l’image du nom imprononçable qu’il lui confie. Comment donc l’approcher ? Le premier Testament balise plusieurs chemins. Ce livre invite à parcourir deux ou trois. De l’avis général, la toute-puissance de Dieu est mise d’emblée en avant dans le récit de la création, en Genèse 1. De quelle nature est-elle, cette puissance ? En quoi dit-elle quelque chose d’essentiel du « Dieu qui se cache », comme l’appelle Isaïe ? Ne serait-elle pas liée à la fragile puissance de la parole qui dit « Que soit ! » ? Cela dit, « la vérité divine se fait connaître à nos yeux par son contraire » (P. Beauchamp). Son contraire ? C’est d’abord l’idole, ce mensonge dans lequel l’homme s’enferme quand il se fait un dieu à l’image de ses désirs et de ses peurs. Croyant trouver Dieu, il ne fait que s’aliéner à ce qui l’habite, le hante. Mais il y a aussi le diable déjà figuré par l’image inaugurale de l’idole : le serpent du jardin d’Éden. Mais qu’il soit question de diable ou d’idole, c’est encore la vérité Dieu que cherche la Bible. Cette vérité, cependant, ses adversaires la travestissent pour mieux mener l’homme à sa perte. Aussi est-il capital de les exposer à la lumière pour qu’apparaisse leur mensonge.