Le travail: une question d'économie morale

(1998) Le travail refiguré — ISBN: [2-8257-0615-9], published

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Pour la théorie classique de l'échange, pas de problème: le principe de contributivité laborieuse cimente la belle totalité de la justice et de l'intégration sociales - à une somme de travail fournie correspond une quantité proportionnée de richesses et d'avantages. Sous la poussée de divers facteurs, exogènes et endogènes, cette belle totalité s'est fissurée dans le dernier quart du XXe s., et ce qu'on a nommé "la société du travail" est ébranlé en ses bases mêmes. Pour identifier cette crise du travail, les diagnostics ne manquent pas, qui montrent le caractère culturel, socialement construit, de la notion de travail-emploi telle qu'elle a structuré nos sociétés industrielles avancées. Mais alors, il faut en tirer son parti: si le travail-emploi, et la valeur qui lui est accordée, est une construction culturelle, rien ne le lie intrinsèquement à la justice sociale. La crise de la société du travail, avec la perte de la centralité de celui-ci, devient alors l'occasion de repenser le principe de contributivité, et le lien qui traditionnellement unit revenu et emploi. C'est à partir d'une lecture originale de Durkheim qu'on contestera ici l'anthropologie implicite de nombreux auteurs qui continuent de lier la dignité humaine au travail, et la justice sociale à la contribution laborieuse. En ce sens, la crise actuelle devient une chance de repenser les règles d'une nouvelle "économie morale".
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Citations

Hunyadi, M. (1998). Le travail: une question d’économie morale. In Hunyadi Mark, Mänz Marcus (ed.), Le travail refiguré. Georg Editeur. https://hdl.handle.net/2078.5/60140