Après Auschwitz, écrire un poème est barbare, a écrit Adorno. Partant de là, certains estiment qu'il est tout aussi barbare d'élaborer une sociologie ou une philosophie politique qui oublient le nazisme et le communisme et opposent la civilisation occidentale à la barbarie des autres peuples. On souscrira volontiers à ce ce jugement, d'autant que la sociologie d'Elias, loin d'oublier le nazisme et le communisme, est bouleversée par les tragédies du siècle et marquée profondément par la volonté de comprendre ce qui s'est passé, et pourquoi.
Delmotte, F. (2012). Une théorie de la civilisation face à “l’effondrement de la civilisation”. In Stéphane Audoin-Rouzeau, Jean-François Bert, Romain Bertrand, Quentin Deluermoz (dir.), Eric Dunning, David Garland, Christophe Granger, Marc Joly, Stephen Mennell, Cas Wouters (ed.), Norbert Elias et le XXe siècle. Le processus de civilisation à l’épreuve (p. p. 107-140). Presses de Sciences Po et Perrin. https://hdl.handle.net/2078.5/197132