Depuis 2010-11, l’Union Européenne (UE) vit une « crise migratoire » liée à l’afflux de migrants par la mer Méditerranée et les Balkans, depuis l’Afrique, l’Asie, le Proche et le Moyen-Orient. En 2015, le conflit syrien vient gonflé ces flux et amplifier ce phénomène. La multiplication et la dégradation des conflits et des conditions de vie dans des pays comme l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, mais aussi la Somalie, l’Erythrée et, plus globalement l’Afrique subsaharienne participent également au phénomène depuis de nombreuses années. Les perspectives de résolutions rapides de ces conflits s’amenuisent au vu de la complexité des situations. Face à cette situation, l’UE et la plupart de ses Etats membres ont adopté des politiques restrictives d’accueil des migrants fondées sur l’externalisation des frontières et la construction de murs mettant en péril les accords de Schengen. Cela a d’ailleurs valu à l’UE son surnom d’« Europe forteresse ». Dernièrement, l’UE développe et met en oeuvre une politique migratoire qui choisit d’intégrer les enjeux migratoires à la coopération au développement. Cette communication analyse la manière dont l’aide au développement devient un instrument de contrôle et de régulation des flux migratoires.
Deridder, M. (2017). L’aide au développement comme instrument de contrôle et de régulation des flux migratoires : remise en cause du principe de l’aide déliée en Europe. Cycle de conférences “Migrations: Regards croisés”. https://hdl.handle.net/2078.5/176798