Comment, en tant que clinicien du sujet, pouvons-nous nous rapporter aux apports des neurosciences? L’article s’attache d’abord à préciser la notion de sujet telle qu’elle est soutenue dans le champ de la psychanalyse, de la poésie et de la philosophie d’Alain Badiou. Le sujet y est envisagé comme un acte et une tournure reconnaissable par ses traces dans le champ clinique. À partir de cette conception se déploie un triple questionnement. Est-il possible de reconnaître l’oeuvre ou la trace d’un sujet au sein de l’organisation du vivant et particulièrement du cerveau? Les modèles scientifiques actuels permettent-ils une formalisation de cette dimension du sujet? Est-il possible de déployer une écoute, voire d’intervenir à partir des neurosciences et des médiations technologiques auprès d’un sujet singulier? Les théories de la plasticité cérébrale et les modèles d’émergence d’intentionnalité dans un réseau de neurones seront particulièrement mis à l’épreuve.
Masson, A. (2013). Contingence cérébrale et tournure subjective. Revue Philosophique de Louvain, 111(1), 105-150. https://doi.org/10.2143/RPL.111.1.2967246 (Original work published 2013)