Dans Ecuador, publié en 1968, le jeune Henri Michaux relate un voyage-échec comme la littérature de voyage en compte peu. Toutes les composantes du récit viatique – le voyage, le voyageur, l'écriture, l'altérité – sont affectées, mises à mal, détournées par Michaux, qui fonde par là le « voyage contre ». L’étude de la description de l’Autre et de l’ailleurs, du mélange des genres, de l’exploration de nouvelles formes poétiques, permet de montrer comment Michaux transforme, par la littérature, l’échec en chef-d’œuvre. Face à un monde menacé d’uniformisation et de banalisation (« la terre est rincée de son exotisme »), Michaux semble proposer deux nouvelles pistes essentielles que nous mettrons en évidence : l’exploration de l’imaginaire et celle du dedans, de ce « lointain intérieur » qu’il tente d’approcher.
Hambursin, O. (2006). Littérature de voyage et excentricité au XXe siècle : Ecuador de Michaux. Dalhousie French Studies, 74-75(74-75), 185-198 (NaN). https://hdl.handle.net/2078.5/179135 (Original work published 2006)