Notre civilisation voire l’humanité toute entière est sous la menace d’un effondrement. Voilà la thèse soutenue avec vigueur dans le livre de Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer : Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations futures, publié en 2015 au Seuil. L’effondrement y est défini comme une situation où, par suite d’une série de chocs écologiques brutaux, s’entraînant en cascade, il devient impossible de satisfaire les besoins des populations en eau, alimentation, énergie, hébergement, soins de santé et mobilité, entre autres. L’effondrement sera donc d’autant plus pénible à vivre, étonnant et disruptif, que la population était privilégiée ou, du moins, avait pris une telle habitude de pouvoir bénéficier de ces services et infrastructures qu’elle ne se posait même plus la question de leur accès. Le livre est donc censé interrompre le train-train quotidien d’un « nous » privilégié à qui il manquerait, visiblement, puisque le train-train continue, une réelle prise de conscience.