La figure de Claude Backvis (1910-1998) est bien connue des polonisants du monde entier. Son œuvre universitaire, en particulier ses recherches relatives à l’époque baroque, fait autorité aujourd’hui encore. Toutefois il est un aspect de l’activité de Claude Backvis qui semble être généralement négligé : son travail de vulgarisateur et de divulgateur de la culture polonaise auprès d’un public non spécialisé. Pourtant, pendant de nombreuses années, en particulier celles d’avant-guerre, le slavisant a régulièrement publié des articles sur la Pologne et sa littérature dans différentes revues belges de langue française. Ajoutons à cela quelques traductions (Zygmunt Krasiński, Maria Kuncewiczowa). Quelles stratégies d’adaptation (ou, si l’on veut, d’acculturation) Backvis, rara avis dans un pays pratiquement dépourvu de tradition en matière d’études polonaises, a-t-il adoptées afin de présenter la Pologne, et singulièrement son histoire et sa littérature, à un lectorat peu au fait des affaires polonaises ? Comment l’époque – en grande partie l’entre-deux-guerres – et les lieux de la médiation, généralement liés au climat spirituel de l’Université libre de Bruxelles ont-ils influencé la médiation elle-même ? Telles sont les questions auxquelles cet article tente de répondre.
Béghin, L. (2017). Aller à la Pologne, c’était aller à la lumière. Claude Backvis et la médiation de la culture polonaise en Belgique francophone (1930-1960). Lodzkie Towarzystwo Naukowe. Prace Polonistyczne, 72, pas encore paginé. https://hdl.handle.net/2078.5/176152 (Original work published 2017)